Présentation

Textes courts, poèmes intérieurs, nouvelles de l'ailleurs et autres salaceries.
Attention, certains d'entre eux sont réservés à un public majeur et averti, notamment dans la catégorie "les sales histoires de Lembaumeur".

jeudi 1 octobre 2009

Les Écorcheurs


Le jour

Démantèlement de la lumière blanche en plages de longueurs d'ondes identifiées – beauté des tripes électromagnétiques.
Les merveilles dissimulées, infinies, à jamais soustraites de notre vision amoindrie par la stricte utilité de nos perceptions.
Mais. J'ai besoin de plus, de plus que le visible, traquer l'invisible jusque dans les coins sombres et retranchés, là où nul ne sait ce qu'il va y trouver.


Au début, la lumière

Tant dense, parvient à se cacher à elle-même – univers miniature et opaque.


Maintenant

Vide immense parcouru de mille feux éteints.


L'important

Avance toujours masqué : origine et destins : embrasement palingénésique, nuit gravitationnelle sans fin.


Plongée

Oblique

Au

Cœur

De

La

Matière.


Palimpseste

Aux strates striées d'un chaos transverse.


L'homme

Est un univers qui s'ignore.


La vraie beauté

A pris le nom d'Horreur.
Elle ne sera révélée qu'aux esprits impurs, contaminés par l'équivoque, les dé-générés qui seuls peuvent s'ouvrir à de nouvelles naissances. Et il y en a ! À chaque seconde sa genèse.


Ils

Prendront le nom d'Écorcheurs. Car les vrais masques sont faits de chair. Arracher les peaux du réel, une par une, abolir la parure. Même si le derme pousse par le dessous et rend la tâche impossible.


Seule

La quête importe. Pourvu qu'elle s'ouvre, mais vers où ? Où allons-nous, mais est-ce bien nous et non vous ?
J'aimerais tant que ce soit vous, m'extraire du marasme du nous. J'aimerais tant être un de ceux qui. Suis-je un danseur de carnaval ?

La première mission d'un Écorcheur s'applique à lui-même. Alors, il faut avoir la force. Faire face aux cent figures, y glisser la lame acérée de l'esprit. S'affranchir des sens qui conduisent à la peur pour accéder au sens qui mène aux Heures. Car ces innombrables visages sont des grimaces de gargouilles chargées de faire fuir les démons. Et que sommes-nous d'autre ?

L'Écorcheur est le démon assumé. Celui qui divise, le porteur de diabole. Séparer pour mieux comprendre, disséquer pour enfanter le début d'une clarté.


La vraie lueur

Scintille à l'épicentre des ténèbres. Loin des strass d'un soleil, loin du foyer factice focalisant les attentions fébriles des fidèles. Logée dans d'étranges replis, circonvolutions abâtardies, l'authentique lueur ne se laisse pas happer par les suppliques ni les prières. L'Écorcheur la recherche en silence, en violence, et si la voix s'élève, ce n'est pas pour demander mais pour questionner.


Solitude.


Manuel du parfait petit écorcheur (la majuscule est réservée aux confirmés)

Lorsqu'on s'attache à se dépecer soi-même, on s'expose :

Aux rideaux de fer

Aux barbelés sauvages

Aux ombres amères

Aux sombres carnages

Aux apocalypses nacrées

Aux apocopes échancrées

Aux étendues acides

Aux néants déicides.

Et autres réjouissances.

Si, malgré tout, vous souhaitez poursuivre votre formation, alors personne ne peut plus rien pour vous, fou.


Fin du manuel.

mardi 31 mars 2009

Ennui


Déprime guette œil perçant les membranes de mon
Ennui fébrile inassumé, ennui stérile assassiné, laissez-le moi, s’il vous plaît il ne vous a
Rien fait, rien de plus qu’un miroir sale où se reflète votre
Vacuité, pas si méchante en somme, mais si...
Si quoi ? Séquoia ? Arbre millénaire, arme biliaire. La vacuité m’ennuie
Elle aussi.
Aussi quoi ? Au Séquoia ? Sous les voûtes de ses racines je m’endors nu, je m’endors
D’ennui. L’ennui ronge comme un acide mou, un vague vinaigre tout juste bon à
Récurer les casseroles que je traîne, attachées
Où ? À mes poils ? À mes poêles ? Celles dont je me sers le dimanche pour jouer au
Tennis de table, les boing-boing du pong-ping m’amusent et me distraient de mon
Ennui, eh oui, toujours lui, assis en quinconce sur le bord de mon
Cerveau flasque s’étale en flaque sur les sols si lisses de mon
Crâne. Je n’en sortirai pas, non, je n’en sortirai pas, mon
Ennui est ma raison, mes neurones affadis par la torpeur
Peur des salves des torpilleurs (le souffle, le drame, le désespoir)
Mon ennui est ma maison et je m’y sens chez moi, en
Sécurité, mais ce cul est irrité à force de
Rester posé sur le fauteuil de mon
Ennui. Les escarres, Oscar, sont la marque d’un authentique
Ennui.
En
Nuit.

mardi 3 février 2009

Marche immobile


Adieu cratères ensorcelés
Rester ici pour s'en aller
C'est le monde qui s'enfuit
Longue marche immobile
Mes pas morts me mènent au-delà
Ma chaîne rompt rouillée jusqu'à l'âme
Mes os se libèrent de leur gangue de chair amorphe
Je n'en veux plus
Du je non plus
Adieu ornière décervelée
Les grands chariots t'ont trop creusée
Mon squelette s'affranchit d'enrobage
La viande était pourrie
Les songes aussi ?
Là on ne voit plus que le vide
Néant néant néant sur un air de rien
Musique du silence quand même le corps se tait
Garder la peau en cape pour l'entendre claquer au vent
Mais la tempête meurt elle aussi
Laisser le derme choir sur ces territoires orphiques
S'en aller sans aller
Marche immobile
C'est le monde qui s'enfuit

vendredi 17 octobre 2008

Je sais

À un enfant...


Tu es seul et apeuré
Oui, je sais
Je sais
Tu te caches derrière un masque
De sel, larmes séchées
Je sais
Tu voudrais guérir le monde
Autour, te sacrifier
Je sais
Tu souffres au fond, très loin
Tu ne sais plus mais moi
Je sais
Tu voudrais crier à pleins poumons
Un désir d’achever…
Je sais
Et tu ne pourras jamais, jamais
Combler le vide insensé
Je sais
Tu aimerais juste une caresse
Une seule, est-ce trop
Demander ?
Juste un regard qui ne soit pas
Vitrifié
Juste un instant te sentir
Exister
Mais le temps a passé
Tu sais
Il est trop tard maintenant
Il est trop tard
Je ne peux revenir
Te chercher
Et cela me déchire
Tout entier
L’impression de mourir si loin de tes
Pensées
Tu ne peux m’entendre et tant de vertige à te
Regarder
Alors
Je parle à la tempête qui portera mes mots
T’en apportera les bribes
Même hachées
Mêmes mâchées
Par le bruit du vent
Tu n’es plus seul
Ni apeuré
Tu n’as plus besoin de masque
Les larmes peuvent couler
Tu peux guérir le monde
Sans te sacrifier
De la souffrance émerge
Un amour intense
Ton cri, je peux le reprendre en chœur
Et l’amplifier
Dans le vide se cache
D’étranges joyaux
Viens-là
Que je te caresse
Que je te regarde
Que je te parle tout bas.
Tu existes
Je le sais.

Ce poème peut se lire après ou avant Enfantôme.

mardi 14 octobre 2008

Limite


Lobotomie
Pourquoi pas
Pourquoi ne pas
Ôter ce lobe
Frontalier
À la frontière de mon
Nez
Pourquoi ne pas cesser
Pourquoi ne pas casser
Ces pensées
Vaines sentences
Cruelle absence
De sens
Censure opaque
Pourquoi ne pas casser
Ces plaques d'acier
Sur les tempes
Moites
Trempées
D'avoir trop
Transpiré
Trop gonflées
Trop violettes
Ces veines
Sur les côtés
Trop circulaire
La douleur médiane
Courant la nuque
Oublié un truc
Dans un coin du crâne
Une gêne ou démangeaison
Gisant tout bas
Chuchotant ma douleur
Audible à peine
À demi pleine
À demi vierge
De tout soupçon
Équivoque franchissement
De la ligne rouge et blanche
Limite floue de la folie
Car je suis fou

lundi 28 juillet 2008

L'anti-sage

J’ai perdu les saveurs, la grâce et les odeurs… C’est la grâce qui me manque le plus, l’indicible évanescence d’un être étranger à nous-mêmes, émergence à la marge de notre regard ou conscience, l’ombre latérale gauche glissant juste au coin, à l’ombre de l’extrémité de nos petits cils recourbés. Ô, comme je ne souffre pas ! Effacement de la fugacité tranchante, rémanence de la terrible sagacité du sage savant, singe étrange tirant la grimace au néant. Mais le néant ubiquitaire se trouvait aussi derrière, et, avec sa verge vertigineuse, fit ce que l’on est en droit de penser sur l’usage d’un tel engin. Pauvre sage, pauvre sage. Il avait appris à mourir, mais pas à pourrir, ni à se faire enculer. Quelle guigne !

Et moi, sans saveurs, sans grâce, sans odeurs, putain, où les retrouver, ces sensations chiennes ? Où dénicher les absentes, et les déployer à nouveau dans les dimensions corticales ? PIB : produit intérieur brut. Fruit de l’esprit, légume des tripes. Cinq par jour au minimum. Richesse d’une nation d’un litre et demi et des brouettes. PIB par habitant, quelques millions réduits à la portion congrue, à la limite du rien. Petit rien qui fait la différence, fond dans la bouche, pas dans la main, on verra demain pour les agapes. Oui, je me perds, et délibère sur le bien-fondé d’une action au fondement. Non, je ne serai pas sage, je veux être un anti-sage, un diable à la chair chatoyante et écarlate, et que s’éclatent en mon sein les novae rouges et bleues, artères et veines incluses, rupture d’anévrisme répétée à l’infini. Explosion, implosions alternées, et que je m’inflige ces nouvelles souffrances avec un grand sourire masochiste, mais... Je connais mes ombres et mes abîmes, pour les avoir embrassées et parcourus. Alors, vois-tu, homme d’aujourd’hui, entends-tu, sage d’hier, la complainte du blessé par balles de mousse (la mousse, c’est mou, mais ça étouffe, ça étouffe grave), enfin remis, et qui, à peine sur ses pieds, reprend les armes qu’il avait déposé, transi, affamé d’amour et de joie, avide d’un soleil, même glacé, même éteint.

Je veux être un anti-sage, et vivre dans la dissolution de mon être dans toutes mes directions effilées ou émoussées. Conjuguer les contradictions et m’assumer chaos. Retrouver la saveur, l’amer salé, le sucre acide, jusqu’à l’aigre. Retrouver l’odeur, celle de la rose et celle de la merde, celle du précipice foireux et de la cime séculaire, celle du nectar, celle de la gerbe. Retrouver la grâce. Mais où l’ai-je laissée ?

Non, je n’ai jamais eu la grâce, je ne saurais en aucun cas la reconnaître, ni l’aimer. C’est une étrangère, même dans la contemplation de mon chaos. Elle ne peut me manquer, je me suis trompé. Ce n’était qu’une vision tronquée, une habile supercherie en trompe l’œil et la mort. Je ne l’ai perdue que comme illusion, telle une croyance, tout aussi fallacieuse, tout aussi vaine.

Je vivrai sans, car je préfère être un anti-sage, un diable nu, un diable bavard et obscène, variant sans cesse, m’éteignant et m’éveillant, dans l’imminence d’un événement jamais atteint, toujours en suspens.

Mais j’aimerais tant, oui, entrapercevoir une dernière fois la grâce... Dans un mot, dans une couleur, un mouvement ou un spectre. L’indicible n’existe qu’en rêve, qu’en flou, qu’en fou, brusque sève parcourant des chemins invisibles, lancinant lacis de fils d’acier micrométriques. J’y laisserai ma santé, lacéré de toutes parts, que m’importe. La santé, préoccupation du dernier des hommes, au mépris de la Grande Santé, celle qui nous emporte ailleurs qu’en nous-mêmes, qui nous augmente et nous régénère jusqu’à la fin prochaine.

À l’aboutissement, je la verrai, au travers du prisme diabolescent, et là, je pourrai la perdre. Peut-être, un instant, la désirer.

samedi 5 juillet 2008

Cyclotourisme

Je hais les cyclistes. Je les hais en dehors de toute mesure. Je leur crache à la gueule jusqu’à ce qu’ils débordent de ma bave toxique. C’est un fait, je n’y peux rien. Regardez-les, mais regardez-les, se déhancher dans leurs moule-burnes consacrés, leurs maillots de corps aérodynamiques aux couleurs criardes et désassorties, là, debout sur leurs pédales, attaquant un col qui n’en a rien à foutre, pendant que la troisième guerre pointe le bout de son champignon, que le Tibet t’abêtit, que l’Iran y raque, que les tyrans ont l’trac, que le soleil s’amenuise, loin vers l’horizon et que j’encule ma brebis préférée.

Comprendre la haine, qui détruit mon p’tit cœur fragile, pour mieux la combattre, la réduire en miettes, la passer par les armes, la faire vomir ses derniers glaires, voilà, ce qu’il faut. Oui, oui, je dois faire un travail sur moi-même. D’ailleurs, ma brebis s’appelle Freudette (pour ceux qui ne connaissent pas F’murr, voir le Génie des Alpages, vol. 7, je n’invente rien (en particulier dans le cas présent.).)

J’ai ainsi entrepris de dresser une liste évolutive et didactique de ces connards de types à vélo, d’établir des profils types, d’étudier ce qui suscite en moi la colère la plus rancie, la plus moite, la plus strombolienne, d’analyser et de cataloguer tous les traits de caractères, les comportements, les dogmes, les tours de tête de ces individus si spéciaux (quoique innombrables, à mon plus grand désarroi).

En premier lieu, nous avons le cas tout à fait classique de la promenade dominicale en famille. Nous observons attentivement le père, la mère, le fils, la fille (échantillon type), pédaler de manière totalement asynchrone, la taille des roues, des plateaux, des pignons, variant nettement en fonction de la taille des individus, ainsi que de leur puissance musculaire. Le père, tout d’abord, en tête du convoi, s’emmerde royalement. En grande forme, éminemment sportif (footing matinal, football le samedi avec son club local, salle d’entraînement deux fois par semaine, tringlage de petites collègues de bureau (entre deux portes, tout sur les jambes, visez-moi ces cuisses)), cet éphèbe vieillissant doit s’arrêter en haut de chaque côte pour attendre sa petite famille de merde, à cause de laquelle il a renoncé à devenir champion (sélectionné en équipe régionale en 1991, ça s’invente pas). En second vient le fils, un peu grassouillet, faisant tout son possible pour coller au train de son cher papa, pour lui prouver qu’il existe, que lui aussi, il peut devenir fort et crétin. Malgré les efforts de ce petit trou-du-cul, le regard de son père restera toujours méprisant, au mieux absent, vu qu’il n’en a strictement rien à battre. Ce rejeton en concevra une grande amertume, qui le conduira à l’autodestruction, dans le meilleur des cas, ou pire, à ressembler à mort à son connard de père (et ce n’est pas Freudette qui me contredira). La fille n’aime pas le vélo, elle préfère jouer à la poupée ou à la dînette, et deviendra tout comme sa truie de maman quand elle sera grande. Elle a une chance de s’en tirer, mais tout juste. La maman, enfin, fermant ce triste cortège, se demande si son rôti ne va pas cramer, s’il ne reste pas un peu de poussière derrière le buffet, tant pis, elle repassera un coup en rentrant. Elle comble le vide laissé par son cher petit mari en s’activant avec obsession sur toutes les tâches gratifiantes au possible qu’on peut s’inventer à l’infini dans une maison. Son agressivité refoulée, son vagin sec comme une trique, la pousse à surprotéger ses moineaux, les étouffant dans sa propre béance, ne leur laissant pas la moindre chance d’évasion. D’un point de vue groupal, nous ne pouvons que constater l’absence de communication générée par cette file indienne, et nous supputons que cette joyeuse promenade ne sert qu’à masquer leur peur insane de l’autre (surtout quand il est proche).

En second, nous avons le coureur solitaire. Notons au passage que cette catégorie est parfois redondante avec celle du bon papa susnommé, mais que l’appartenance aux deux classes d’objets est cumulative en terme de connerie. Le héros, partant à l’aube sur les petites routes, ne s’intéressant qu’aux montées vertigineuses, qu’à la sueur dégoulinant de son corps, qu’à ses muscles débordant de lactose, shooté aux endorphines (souvent aidées par une pharmacopée bien fournie). Ce surhomme total, puissant mais chimiquement instable, ne développe pas la moindre pensée cohérente : mécaniquement, l’énergie stupidement gaspillée dans l’effort musculaire n’atteindra jamais l’encéphale, qui, sous-alimenté, sera confiné à un rétrécissement progressif et inéluctable.

La troisième catégorie de cette étrange sous-espèce est constituée du fleuron, de l’élite, de la crème du cycliste. Il s’agit bien sûr, du coureur par équipe, amateur chevronné, arborant les couleurs de son petit club de merde. Les premières et deuxièmes catégories sont totalement compatibles avec ce genre nuisible, largement le plus dramatique de tous. En effet, ces sinistres personnages s’ajoutent une part consubstantielle de connerie, non plus individuelle, mais cette fois-ci collective. La situation n’est pas sauvée, et loin s’en faut, par leurs jolis casques en forme de suppositoire ou d’ogive nucléaire, ni par leurs lunettes de soleil super style. Dès lors, nous assistons à un panel diversifié de comportements grégaires débiles, notamment l’occupation de l’essentiel de la largeur de la route. À cet égard nous ne pouvons que remarquer l’analogie entre l’apparence du peloton et celle d’un banc de ces petits poissons tropicaux appelés communément « néons » (Paracheirodon innensi ou Paracheirodon axelrodi, au choix, 10 € les 20). Au volant de mon Hummer (H1) imaginaire, la bave aux lèvres, je rêve d’écraser comme une bouse toute la colonie, fracassant les tubulures de carbone allégé, l’acier et le caoutchouc (difficile à fracasser, sauf en rêve), envoyant le troupeau dans le fossé en morceaux sanguinolents.

Enfin, nous abordons le dernier type de cycliste : celui ou celle utilisant cette invention du diable en tant que simple moyen de transport. Utilisant mes talents particuliers de profileur, j’ai dressé un portrait détaillé de ce spécimen. En général un peu écolo, sportif mais pas trop, vaguement bobo, appréciant la nature, enfourchant sa bicyclette tous les matins, jusque par temps de pluie, parfois même le sourire aux lèvres. Il ou elle respire le contentement d’utiliser un moyen de transport gratuit et non polluant, lui permettant en sus de galber ses mollets raplapla. C’est beau, c’est bien. On sent une âme droite, intègre, bien dans ses bottes (exercice pataphysique : décrire une botte d’âme). Peut-être sont-ce ceux qui me causent le plus de tracasseries, vu que je n’ai pas vraiment de griefs à leur encontre. Peut-être est-ce la mise en valeur sociale que cela leur procure, le signe d’une intégration parfaite à cette chienne de société, d’une citoyenneté de bon aloi ? Et moi, à jamais marginal, éclopé, à côté de la plaque, désespérément inadapté à ce monde absurde et sans pitié et incapable de monter sur un vélocipède sans être aussitôt sujet à des éruptions cutanées très inélégantes et fort douloureuses... Heureusement la pollution des villes, l’air vicié respiré à pleins poumons, n’accordera qu’une espérance de vie de grand fumeur à ces maniaques...

Putain, je hais les cyclistes.