Le jour
Démantèlement de la lumière blanche en plages de longueurs d'ondes identifiées – beauté des tripes électromagnétiques.
Les merveilles dissimulées, infinies, à jamais soustraites de notre vision amoindrie par la stricte utilité de nos perceptions.
Mais. J'ai besoin de plus, de plus que le visible, traquer l'invisible jusque dans les coins sombres et retranchés, là où nul ne sait ce qu'il va y trouver.
Au début, la lumière
Tant dense, parvient à se cacher à elle-même – univers miniature et opaque.
Maintenant
Vide immense parcouru de mille feux éteints.
L'important
Avance toujours masqué : origine et destins : embrasement palingénésique, nuit gravitationnelle sans fin.
Plongée
Oblique
Au
Cœur
De
La
Matière.
Palimpseste
Aux strates striées d'un chaos transverse.
L'homme
Est un univers qui s'ignore.
La vraie beauté
A pris le nom d'Horreur.
Elle ne sera révélée qu'aux esprits impurs, contaminés par l'équivoque, les dé-générés qui seuls peuvent s'ouvrir à de nouvelles naissances. Et il y en a ! À chaque seconde sa genèse.
Ils
Prendront le nom d'Écorcheurs. Car les vrais masques sont faits de chair. Arracher les peaux du réel, une par une, abolir la parure. Même si le derme pousse par le dessous et rend la tâche impossible.
Seule
La quête importe. Pourvu qu'elle s'ouvre, mais vers où ? Où allons-nous, mais est-ce bien nous et non vous ?
J'aimerais tant que ce soit vous, m'extraire du marasme du nous. J'aimerais tant être un de ceux qui. Suis-je un danseur de carnaval ?
La première mission d'un Écorcheur s'applique à lui-même. Alors, il faut avoir la force. Faire face aux cent figures, y glisser la lame acérée de l'esprit. S'affranchir des sens qui conduisent à la peur pour accéder au sens qui mène aux Heures. Car ces innombrables visages sont des grimaces de gargouilles chargées de faire fuir les démons. Et que sommes-nous d'autre ?
L'Écorcheur est le démon assumé. Celui qui divise, le porteur de diabole. Séparer pour mieux comprendre, disséquer pour enfanter le début d'une clarté.
La vraie lueur
Scintille à l'épicentre des ténèbres. Loin des strass d'un soleil, loin du foyer factice focalisant les attentions fébriles des fidèles. Logée dans d'étranges replis, circonvolutions abâtardies, l'authentique lueur ne se laisse pas happer par les suppliques ni les prières. L'Écorcheur la recherche en silence, en violence, et si la voix s'élève, ce n'est pas pour demander mais pour questionner.
Solitude.
Manuel du parfait petit écorcheur (la majuscule est réservée aux confirmés)
Lorsqu'on s'attache à se dépecer soi-même, on s'expose :
Aux rideaux de fer
Aux barbelés sauvages
Aux ombres amères
Aux sombres carnages
Aux apocalypses nacrées
Aux apocopes échancrées
Aux étendues acides
Aux néants déicides.
Et autres réjouissances.
Si, malgré tout, vous souhaitez poursuivre votre formation, alors personne ne peut plus rien pour vous, fou.
Fin du manuel.

4 commentaires:
On va y laisser nos peaux.
C'est indubitable !
Merci de ton passage, Aurélia.
Curieuse, cette impression de déjà-lu.
Ou alors j'hallucine des yeux.
Ou de la tête.
Serais-je...H.A.N.T.é ?
Mais que je me trompe ou pas, c'est de la bonne !
C'est le texte que j'avais envoyé à la revue dissonance, refusée (in extremis, apparemment).Je te l'avais passée...
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